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Le mentorat… grand absent du système éducatif en Côte d’Ivoire

Le mentorat… grand absent du système éducatif en Côte d’Ivoire

Date de publication
06.04.2026

Samedi dernier, j’ai eu le plaisir d’animer encore une fois un atelier aux étudiants de l’Université d’Abidjan. J’ai été invitée par l’AIESEC dans le cadre d’un séminaire de renforcement des capacités des étudiants.

Il m’a été demandé d’aider les participants à travers cet atelier à « répondre aux exigences des recruteurs« . Ce fût l’occasion pour moi de leur parler en toute simplicité des réalités du monde de l’emploi et leur donner quelques outils pour s’y préparer avant la fin de leurs études et également pour réussir en situation d’entretien d’embauche.

Nous avons également réalisé une simulation d’entretien d’embauche (totalement improvisé) et j’ai pu donner mon feedback en live à la participante qui s’est prêtée au jeu.

Mais ce dont je voudrais parler surtout dans mon article c’est de la pertinence d’inclure le mentorat dans nos systèmes d’éducation. Mon intervention devait durer 1h mais finalement elle s’est faite en 1h40, tant les questions des étudiants étaient nombreuses. Il a même fallu se faire violence pour arrêter. On aurait pu y passer tout l’après-midi.

J’ai pu ainsi mesurer leur soif d’en savoir un peu plus et de s’informer sur le marché du travail. À voir la frénésie avec laquelle ils prenaient des notes et comment ils étaient attentifs, je me suis dit qu’il manque quelque chose dans le système éducatif dans lequel ils ont évolué.

Ce quelque chose pour moi s’appelle le mentorat. Plusieurs de ces jeunes sont issus de familles de classe moyenne et n’ont pas accès à l’information pertinente qui pourrait les aider à réussir leur recherche d’emploi ou être attractifs aux yeux des recruteurs. C’est ainsi qu’après des diplômes qu’ils obtiennent rudement, ils demeurent peu employables.

Il serait donc opportun d’intégrer des programmes de mentorat dans les écoles. À travers une telle initiative, ces jeunes pourraient de façon régulière recevoir des conseils pratiques et un accompagnement continu depuis leur adolescence jusqu’à la fin de leurs études universitaires, et ce de la part de gens comme vous et moi qui sont confrontés à la réalité du monde de l’entreprise. Ils pourront ainsi éviter plusieurs des erreurs dont je parlais dans mon précédent article intitulé « Africtalents et ma réflexion sur le taux de chomâge »

J’exhorte donc les professionnels que nous sommes, à partager notre expérience avec les plus jeunes. Au travers d’initiatives comme Social Achievers (l’organisme à but non lucratif que j’ai fondé pour développer les soft skills et préparer les élèves du lycée à une meilleure employabilité) ou de façon individuelle et informelle, donnons un peu de temps, d’outils et de conseils à cette jeunesse africaine qui a soif de connaissances et qui ne demande qu’à être mentorée pour déployer son potentiel.

En attendant que les ministères de tutelle intègrent le mentorat comme outil pédagogique dans les établissements, faisons-le nous mêmes avec les moyens dont nous disposons. Il n’y a qu’à se rapprocher de ces jeunes pour voir combien l’on peut être une mine d’informations pour eux. C’est aussi comme cela que l’on prépare l’émergence……….des mentalités.

Pour d’autres réflexions sur l’éducation en Afrique occidentale ou sur la carrière, visitez: www.peggyballou.com

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